Formé par l’islam, des marriages et le commerce

Zanzibar i Tanzania, en av de platser i Östafrika där den arabiska påverkan syns tydligast. Bild: Yann Macherez, wikimedia commons

Il y a trois ans le swahili est devenu langue officielle de l’Union africaine, comme le première langue autochtone africaine. Joseph Kafuka revient ici sur ses origines et l’influence de l’arabe sur son développement.

Depuis la proclamation par l’UNESCO du 07 juillet de chaque année comme Journée de la langue Kiswahili, cette langue gagne en popularité dans le monde. Le mot swahili vient de l’arabe (Sawahil) et signifie « côtes ». Le swahili est la langue maternelle des habitants vivant le long de la côte de la Somalie au Mozambique. A l’arrivée des premiers Européens dans la région au XVe et surtout au XIXe siècle, la langue des « Swahili », est indispensable pour toute communication avec les peuples autochtones. C’est à partir des années 1960, l’époque des indépendances, que le Swahili connait un développement rapide dans différentes villes, surtout en Tanzanie où il est proclamé langue nationale.

Le Kiswahili est donc une langue bantoue, parlée aujourd’hui par environ 150 millions de personnes en Afrique de l’Est, australe et dans la région des Grands Lacs. Dérivée du groupe des langues bantous prédominantes en Afrique noire, il s’en distingue par d’importants emprunts à l’Arabe, dont près de 40 percent du vocabulaire selon certains linguistes.

Dans la langue swahili, des termes qui décrivent des scènes, la culture et la civilisation sont d’origine arabe. A commencer par la civilisation = ustaarabu et la culture = utamaduni sont étymologiquement orientés vers le monde arabe. Ustaarabu = « civilisation » se traduit par intégrer, se faire rassembler à la tradition, à l’usage et au savoir-vivre arabe; tandis que Utamaduni ou « culture » étymologiquement signifie s’approprier des objets, des pratiques d’origine arabe.

Le lexique swahili, a été massivement enrichi de termes arabes et persans, y compris les noms propres des villes comme Zanzibar, Dar es Salaam et cetera… Il existe aussi une grande quantité de noms communs, portant des racines richement représentées. A titre d’exemple, la racine k.t.b que l’on trouve dans les termes : katiba « constitution », kitabu « livre » ainsi que maktaba, « bibliothèque ». Le Swahili a intégré des verbes des actions fréquentes comme ku-jibu « répondre », ku-tafuta « chercher », ku-kata, « couper » ; des adjectifs safi « pure/propre », bora « meilleur » et des conjonctions (comme lakini signifiant « mais »). Quelques interjections arabes figurent en swahili (Naam, « oui », Basi, « ça suffit »).

De nombreux termes d’origine arabe se retrouvent ainsi en Kiswahili, compte tenu de la longue période de contact entre les deux cultures, les deux langues. Le Swahili était une langue locale tandis que l’Arabe était déjà une langue écrite, une langue « sacrée » dont le peuple exerçait un pouvoir politique, économique et culturel remarqué. Ainsi, les premiers écrits en Swahili sont l`oeuvre de quelques personnes lettrées ayant appris à écrire en Arabe, et l’intégration des termes arabes en Swahili se déroula conformement aux règles linguistiques d’emprunt. Cette influence est particulièrement visible dans certains domaines comme religion, commerce et administration.

De nombreux termes d’origine arabe se retrouvent ainsi en Kiswahili, compte tenu de la longue période de contact entre les deux cultures, les deux langues. Le Swahili était une langue locale tandis que l’Arabe était déjà une langue écrite, une langue « sacrée » dont le peuple exerçait un pouvoir politique, économique et culturel remarqué. Ainsi, les premiers écrits en Swahili sont l`oeuvre de quelques personnes lettrées ayant appris à écrire en Arabe, et l’intégration des termes arabes en Swahili se déroula conformement aux règles linguistiques d’emprunt. Cette influence est particulièrement visible dans certains domaines comme religion, commerce et administration.

Dans tout contact linguistique, selon la linguiste Claire Lefèvre, l’emprunt de lexique suit une certaine logique. « Les composants lexicaux sont privilégiés, ensuite par catégories, des substantifs sont les plus empruntés, suivis des verbes et des adjectifs. Enfin par domaine, les vocabulaires de base sont moins perméables que les vocabulaires techniques ». Pour le Swahili, la même tendance générale est observée, la plupart des emprunts sont des substantifs suivis par des verbes et des adjectifs. Dans les cas où l’emprunt est un composant grammatical tel que le locution adverbiale baada ya (après) c’est en fait l’élément lexical baada qui remplace le terme swahili nyuma.


Den första kända texten på swahili är en översättning av ett poem från arabiska, från 1652, skriven med arabisk skrift. Bild: Wikimedia commons

Selon certains historiens, parmi les premiers musulmans en Afrique de l’Est, figure une groupe dirigé par Sulaiman Said. Il est suivi en 739 par d’autres immigrants qui se mirent à propager la nouvelle religion. Dès lors l’Islam et la culture arabe se répandent dans les centres commerciaux, sur la côte dans les centres de ravitaillement des caravanes et de repos pour les hommes.

Les Arabes ont en plus, initié les Swahili à la lecture et à l’écriture. Dès l’origine, l’islamisation obligea la lecture du Coran. Ainsi, les Africains apprenent à lire l’arabe et le swahili devient une de premières langues à connaître la tradition écrite en Afrique. Outre l’orthographe, la structure poétique du Coran a une influence significative sur les premiers poètes swahili. En effet, les compositions initiales prenaient la forme de la poésie coranique tandis que le contenu reflétait la doctrine musulmane.

Cette propagation de la foi musulmane va conjointement avec l’expansion du swahili de sorte qu’au XIXe siècle presque de tous les Swahilis sont musulmans sunnites. Bref, tout au long de son histoire le swahili se développe dans différentes cités du rivage-Est de l´Afrique avec à chaque fois une ville qui est le centre de son rayonnement : Kilwa, Mombasa, Zanzibar, Dar es Salaam et cetera. L’Islam joue ainsi, en plus du rôle de lien entre les hommes et le surnaturel, celui d’instrument pour régler des relations sociales comme les mariages. Mais les mariages ont parfois des desseins politiques.

La question du mariage a joué un rôle dans le développement du Swahili. En fait, dès les origines, les Arabes concluaient des alliances matrimoniales avec des familles africaines. Ces unions peuvent être catégorisées en trois groupes : mariage d’amour réciproque, mariage forcé et mariage stratégique. Dans les trois cas, ce sont les Arabes et les Persans qui prenent des épouses africaines. Il s’agit de l’hypogamie, un phénomène qui consiste à épouser un partenaire d’un statut inférieur.

Cette pratique était renforcée par la culture arabe qui encourageait les Arabes à prendre pour femme des Africaines mais qui interdisait les femmes arabes d’épouser des Africains. C’est pourquoi, ces unions étaient toujours considerées comme des affaires politiques; car le mariage permet de s’assurer un droit sur les enfants. Donc, les Arabes et Européens prenaient pour épouses ou concubines les esclaves et les filles des chefs traditionnels africains afin d’étendre leur autorité politique ou pour créer une « amitié circonstancielle » avec les indigènes dans le but de les exploiter.

Un exemple concerne le mariage de Mohammed ben Jumaa père de Tippu Tip. Pour conduire ses activités commerciales, celui-ci prend pour deuxième femme, la fille aînée du chef FUNDIKIRA, un des chefs des Nyamwezi. Le deuxième concerne Philippe Broyon (1844-1884), un explorateur et commerçant suisse qui s’était installé à Mpwapwa au centre de la Tanzanie entre 1875 et 1877. Pour des motifs semblables il épouse la fille d’un autre chef Nyamwezi : MIRAMBO. Grâce à ce mariage, il est autorisé à exercer ses activités d’exploration sur tout le territoire contrôlé par son beau-père; un territoire qui s’étendait de Tabora à l’actuelle région de Dodoma. Fruit de ces mariages euro-arabo-africains, des milliers d’enfants naissent et apprenent la langue de leurs mères, la langue populaire, le Swahili. Ils héritèrent de la religion de leurs pères, majoritairement l’Islam.

nfluencée par des facteurs à la fois politique, économique, culturel et social, notamment le commerce des esclaves, l’urbanisation, l’islamisation et le mariage intercommunautaire, la langue swahili se transforme progressivement en intégrant des éléments arabo-musulmans, sans toutefois perdre des traits africains qu’elle possède en commun avec les groupes linguistiques voisins. A titre de comparaison, alors que la langue par excellence de l’Islam est la langue Arabe partout au Proche-Orient, au Moyen-Orient en Asie, en Afrique du Nord, le Swahili devient la langue de l’Islam en Afrique de l’Est, en Afrique australe et des Grands Lacs.

La langue swahili est parlée tout le long du rivage de l’Océan Indien, avant de pénétrer à l’intérieur du continent africain. L’influence de l’arabe sur la langue swahili est manifeste et traduit des siècles d’échanges commerciaux, culturels, religieux, trafic d’esclaves. Elle se manifeste non seulement dans le vocabulaire et la grammaire, mais plus généralement dans la culture et les coutumes sociétales. Dès lors, comprendre l’existence de cette influence est essentiel, car elle offre une perspective plus riche de cette langue, le Swahili.

Joseph R. Kafuka • 2025-12-30
Joseph R. Kafuka är en journalist från Kongo-Kinshasa, där han grundade ett nätverk av journalister mot korruption (REJAC). I Sverige är han konsult vid "Female Film festival" i Malmö och medlem i föreningen för franska lärare.


Formé par l’islam, des marriages et le commerce

Zanzibar i Tanzania, en av de platser i Östafrika där den arabiska påverkan syns tydligast. Bild: Yann Macherez, wikimedia commons

Il y a trois ans le swahili est devenu langue officielle de l’Union africaine, comme le première langue autochtone africaine. Joseph Kafuka revient ici sur ses origines et l’influence de l’arabe sur son développement.

Depuis la proclamation par l’UNESCO du 07 juillet de chaque année comme Journée de la langue Kiswahili, cette langue gagne en popularité dans le monde. Le mot swahili vient de l’arabe (Sawahil) et signifie « côtes ». Le swahili est la langue maternelle des habitants vivant le long de la côte de la Somalie au Mozambique. A l’arrivée des premiers Européens dans la région au XVe et surtout au XIXe siècle, la langue des « Swahili », est indispensable pour toute communication avec les peuples autochtones. C’est à partir des années 1960, l’époque des indépendances, que le Swahili connait un développement rapide dans différentes villes, surtout en Tanzanie où il est proclamé langue nationale.

Le Kiswahili est donc une langue bantoue, parlée aujourd’hui par environ 150 millions de personnes en Afrique de l’Est, australe et dans la région des Grands Lacs. Dérivée du groupe des langues bantous prédominantes en Afrique noire, il s’en distingue par d’importants emprunts à l’Arabe, dont près de 40 percent du vocabulaire selon certains linguistes.

Dans la langue swahili, des termes qui décrivent des scènes, la culture et la civilisation sont d’origine arabe. A commencer par la civilisation = ustaarabu et la culture = utamaduni sont étymologiquement orientés vers le monde arabe. Ustaarabu = « civilisation » se traduit par intégrer, se faire rassembler à la tradition, à l’usage et au savoir-vivre arabe; tandis que Utamaduni ou « culture » étymologiquement signifie s’approprier des objets, des pratiques d’origine arabe.

Le lexique swahili, a été massivement enrichi de termes arabes et persans, y compris les noms propres des villes comme Zanzibar, Dar es Salaam et cetera… Il existe aussi une grande quantité de noms communs, portant des racines richement représentées. A titre d’exemple, la racine k.t.b que l’on trouve dans les termes : katiba « constitution », kitabu « livre » ainsi que maktaba, « bibliothèque ». Le Swahili a intégré des verbes des actions fréquentes comme ku-jibu « répondre », ku-tafuta « chercher », ku-kata, « couper » ; des adjectifs safi « pure/propre », bora « meilleur » et des conjonctions (comme lakini signifiant « mais »). Quelques interjections arabes figurent en swahili (Naam, « oui », Basi, « ça suffit »).

De nombreux termes d’origine arabe se retrouvent ainsi en Kiswahili, compte tenu de la longue période de contact entre les deux cultures, les deux langues. Le Swahili était une langue locale tandis que l’Arabe était déjà une langue écrite, une langue « sacrée » dont le peuple exerçait un pouvoir politique, économique et culturel remarqué. Ainsi, les premiers écrits en Swahili sont l`oeuvre de quelques personnes lettrées ayant appris à écrire en Arabe, et l’intégration des termes arabes en Swahili se déroula conformement aux règles linguistiques d’emprunt. Cette influence est particulièrement visible dans certains domaines comme religion, commerce et administration.

De nombreux termes d’origine arabe se retrouvent ainsi en Kiswahili, compte tenu de la longue période de contact entre les deux cultures, les deux langues. Le Swahili était une langue locale tandis que l’Arabe était déjà une langue écrite, une langue « sacrée » dont le peuple exerçait un pouvoir politique, économique et culturel remarqué. Ainsi, les premiers écrits en Swahili sont l`oeuvre de quelques personnes lettrées ayant appris à écrire en Arabe, et l’intégration des termes arabes en Swahili se déroula conformement aux règles linguistiques d’emprunt. Cette influence est particulièrement visible dans certains domaines comme religion, commerce et administration.

Dans tout contact linguistique, selon la linguiste Claire Lefèvre, l’emprunt de lexique suit une certaine logique. « Les composants lexicaux sont privilégiés, ensuite par catégories, des substantifs sont les plus empruntés, suivis des verbes et des adjectifs. Enfin par domaine, les vocabulaires de base sont moins perméables que les vocabulaires techniques ». Pour le Swahili, la même tendance générale est observée, la plupart des emprunts sont des substantifs suivis par des verbes et des adjectifs. Dans les cas où l’emprunt est un composant grammatical tel que le locution adverbiale baada ya (après) c’est en fait l’élément lexical baada qui remplace le terme swahili nyuma.


Den första kända texten på swahili är en översättning av ett poem från arabiska, från 1652, skriven med arabisk skrift. Bild: Wikimedia commons

Selon certains historiens, parmi les premiers musulmans en Afrique de l’Est, figure une groupe dirigé par Sulaiman Said. Il est suivi en 739 par d’autres immigrants qui se mirent à propager la nouvelle religion. Dès lors l’Islam et la culture arabe se répandent dans les centres commerciaux, sur la côte dans les centres de ravitaillement des caravanes et de repos pour les hommes.

Les Arabes ont en plus, initié les Swahili à la lecture et à l’écriture. Dès l’origine, l’islamisation obligea la lecture du Coran. Ainsi, les Africains apprenent à lire l’arabe et le swahili devient une de premières langues à connaître la tradition écrite en Afrique. Outre l’orthographe, la structure poétique du Coran a une influence significative sur les premiers poètes swahili. En effet, les compositions initiales prenaient la forme de la poésie coranique tandis que le contenu reflétait la doctrine musulmane.

Cette propagation de la foi musulmane va conjointement avec l’expansion du swahili de sorte qu’au XIXe siècle presque de tous les Swahilis sont musulmans sunnites. Bref, tout au long de son histoire le swahili se développe dans différentes cités du rivage-Est de l´Afrique avec à chaque fois une ville qui est le centre de son rayonnement : Kilwa, Mombasa, Zanzibar, Dar es Salaam et cetera. L’Islam joue ainsi, en plus du rôle de lien entre les hommes et le surnaturel, celui d’instrument pour régler des relations sociales comme les mariages. Mais les mariages ont parfois des desseins politiques.

La question du mariage a joué un rôle dans le développement du Swahili. En fait, dès les origines, les Arabes concluaient des alliances matrimoniales avec des familles africaines. Ces unions peuvent être catégorisées en trois groupes : mariage d’amour réciproque, mariage forcé et mariage stratégique. Dans les trois cas, ce sont les Arabes et les Persans qui prenent des épouses africaines. Il s’agit de l’hypogamie, un phénomène qui consiste à épouser un partenaire d’un statut inférieur.

Cette pratique était renforcée par la culture arabe qui encourageait les Arabes à prendre pour femme des Africaines mais qui interdisait les femmes arabes d’épouser des Africains. C’est pourquoi, ces unions étaient toujours considerées comme des affaires politiques; car le mariage permet de s’assurer un droit sur les enfants. Donc, les Arabes et Européens prenaient pour épouses ou concubines les esclaves et les filles des chefs traditionnels africains afin d’étendre leur autorité politique ou pour créer une « amitié circonstancielle » avec les indigènes dans le but de les exploiter.

Un exemple concerne le mariage de Mohammed ben Jumaa père de Tippu Tip. Pour conduire ses activités commerciales, celui-ci prend pour deuxième femme, la fille aînée du chef FUNDIKIRA, un des chefs des Nyamwezi. Le deuxième concerne Philippe Broyon (1844-1884), un explorateur et commerçant suisse qui s’était installé à Mpwapwa au centre de la Tanzanie entre 1875 et 1877. Pour des motifs semblables il épouse la fille d’un autre chef Nyamwezi : MIRAMBO. Grâce à ce mariage, il est autorisé à exercer ses activités d’exploration sur tout le territoire contrôlé par son beau-père; un territoire qui s’étendait de Tabora à l’actuelle région de Dodoma. Fruit de ces mariages euro-arabo-africains, des milliers d’enfants naissent et apprenent la langue de leurs mères, la langue populaire, le Swahili. Ils héritèrent de la religion de leurs pères, majoritairement l’Islam.

nfluencée par des facteurs à la fois politique, économique, culturel et social, notamment le commerce des esclaves, l’urbanisation, l’islamisation et le mariage intercommunautaire, la langue swahili se transforme progressivement en intégrant des éléments arabo-musulmans, sans toutefois perdre des traits africains qu’elle possède en commun avec les groupes linguistiques voisins. A titre de comparaison, alors que la langue par excellence de l’Islam est la langue Arabe partout au Proche-Orient, au Moyen-Orient en Asie, en Afrique du Nord, le Swahili devient la langue de l’Islam en Afrique de l’Est, en Afrique australe et des Grands Lacs.

La langue swahili est parlée tout le long du rivage de l’Océan Indien, avant de pénétrer à l’intérieur du continent africain. L’influence de l’arabe sur la langue swahili est manifeste et traduit des siècles d’échanges commerciaux, culturels, religieux, trafic d’esclaves. Elle se manifeste non seulement dans le vocabulaire et la grammaire, mais plus généralement dans la culture et les coutumes sociétales. Dès lors, comprendre l’existence de cette influence est essentiel, car elle offre une perspective plus riche de cette langue, le Swahili.

Joseph R. Kafuka • 2025-12-30
Joseph R. Kafuka är en journalist från Kongo-Kinshasa, där han grundade ett nätverk av journalister mot korruption (REJAC). I Sverige är han konsult vid "Female Film festival" i Malmö och medlem i föreningen för franska lärare.